Eva2004
Bonjour,
Je n'ai pas l'intention de ramener la question de la règle grammaticale, qui a été largement expliquée ici. Ma question est plutôt la suivante: peut-on appliquer la règle à un objet inanimé ou à un concept?
La phrase que je propose est celle-ci : Les faits se sont vu étaler sans mon consentement.
Merci de vos réponses.
[supprimé]
Je vois mal des faits étaler, mais plutôt (être) étalés.
lamaneur
Mais la tournure peut être passive : les assassins se sont vus punir pour leurs crimes (= être punis).
Donc, "se sont vus étaler" convient pour la forme.
En revanche, et c'était probablement le sens de la question, on peut se demander si les faits peuvent se voir faire ou subir quelque chose.
Je trouve cela douteux.
Eva2004
Je me rends à votre opinion et je vous remercie de vos commentaires.
Cependant, je tiens à noter que, puisque je n'avais pas accordé «vu», cela signifiait que les faits «étaient étalés» par quelqu'un d'autre. Je fais ici référence à une règle qui a amplement été discutée dans ce forum, dont un extrait ci-après, dont je n'ai malheureusement pas conservé le nom de l'auteur (veuillez m'en excuser):
Voici donc l'explication en question:
Avec se voir, l’accord du participe passé se fait si le sujet de se voir est aussi le sujet de l’infinitif qui suit : Ils se sont vu accorder des congés (on leur a accordé des congés) mais Ils se sont vus accorder des congés à tous les employés (ils ont accordé des congés à leurs employés).
donc
"Les 33 mineurs sauvés la semaine dernière d'une mine du Chili se sont vu offrir une moto, une maison pour ceux qui n'étaient pas propriétaires... "
Elle s'est vue amputer si c'est elle qui ampute.
Elle s'est vu amputer si on l'ampute en considérant surtout l'action.
Elle s'est vue amputée si on l'ampute en considérant le résultat. (Quand c'est un participe qui suit, et non un infinitif, le cas est différent.
On écrit en fait :
Elle s'est vue amputée.
Exemple du Robert : Elle s'est vue contrainte = Elle s'est trouvée contrainte, elle a été contrainte.
Jehan
En fait, la règle avait été donnée par Anne345, avec une remarque supplémentaire de ma part.
Voir ici :
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/3896-se-voir-participe-passe-subordonnee-completive.html
Eva2004
Merci Jehan. C'est que je l'avais copiée-collée pour mon propre usage dans un fichier Word sans noter le nom de son auteur. Je me doutais bien que tu y étais pour quelque chose ;)
Et toi, simple curiosité de ma part, crois-tu aussi que je ne devrais pas utiliser la formule avec un objet inanimé? :)
Merci.
Jehan
Lamaneur a écritMais la tournure peut être passive : les assassins se sont vus punir pour leurs crimes (= être punis).
Donc, "se sont vus étaler" convient pour la forme.
Sauf que selon la règle énoncée, le participe ne s'accorderait pas, n'étant pas sujet de l'infinitif (le
se est considéré COD de l'infinitif et non du participe) :
les assassins se sont vu punir = ont été punis;
se sont vu étaler = ont été étalés.
Avec un sujet inanimé, le Trésor de la Langue française ne mentionne toutefois, avec le même sens passif, que des exemples avec participe passé :l
a sexualité se voit disloquée (MOUNIER) = est disloquée. Alors, ici, dans le doute, j'écrirais plutôt :
Les faits se sont vus étalés.
Eva2004
Pas évident en effet!
Merci pour ton aide. Je vais peut-être reformuler la phrase finalement, j'étais surtout curieuse. Mais comme il reste un doute...
lamaneur
Jehan a écritSauf que selon la règle énoncée, le participe ne s'accorderait pas, n'étant pas sujet de l'infinitif (le se est considéré COD de l'infinitif et non du participe) : les assassins se sont vu punir = ont été punis; se sont vu étaler = ont été étalés.
Mode "mauvaise foi" ON :
Les anciennes et nouvelles tolérances orthographiques ne s'appliquent-elles pas à cet accord ?
Mode "mauvaise foi" OFF.
Jehan
Cela dit, l'avantage de la tolérance, c'est plutôt la simplification qu'elle permet.
Et comme le non-accord est plus simple que l'accord... ;)
Motlibre
Effectivement, reformuler, je crois que ce serait une bonne idée, car... les mots conservent un sens, même au figuré ou figés dans une expression : parfois, le lecteur malicieux ou malveillant les ranime... et ça fait sourire.
Pour moi, "Les faits se sont vus...", c'est donc, de toute façon, à éviter, règle ou pas règle. Il y a les règles, et puis il y a le pif ou le feeling... ou le gueuloir.
D'ailleurs, votre question révèle bien que... cette formulation ne coule pas de source.
"Les faits se sont retrouvés étalés..." ? "On a vu les faits étalés à la Une du journal" ?
Bon...
De toute façon, dans la configuration initiale, il faut "Les faits se sont vus étalés"..., pour moi, c'est la seule solution acceptable (ils ont été vus étalés... Ici, le sens est deux fois passif, on ne parle pas de l'action de voir ni d'étaler, mais d'un résultat).
Mais... Si ça passe, ce n'est pas forcément souhaitable pour autant.
Eva2004
C'est déjà fait. J'ai écrit : «Les faits ainsi étalés sans mon consentement ont brusquement démoli les illusions que je m’étais habilement fabriquées.»
Voilà. C'est ce qu'il y a de merveilleux avec l'écriture : il y a toujours une solution.
Merci à vous tous pour votre aide.
Motlibre
Ah ! Oui, là, c'est bien mieux, bien plus fluide et élégant, je trouve ! Si on applique "Vingt fois sur le métier...", vous avez raison, on finit par trouver... Bonne journée !
Le principal, en fait, c'est... de penser à douter et à remettre sur le métier...
Il y avait "le métier", il y a eu "le gueuloir", et il y a... "la Toile" :-)
mikomasr
Bonjour,
Je me demande comment s'appelle, en grammaire, la construction de type se voir + infinitif.
Ex : Elle s'est vu(e?) refuser ce poste en raison de son inexpérience.
Je pense aussi à "s'entendre dire" (une construction assez illogique, quand on y pense), je ne sais pas si on peut rapprocher cette deuxième construction à la première.
Merci !
[supprimé]
Suivi d'un infinitif, le participe passé des verbes pronominaux suit la même règle d'accord que celui du verbe simple employé avec l'auxiliaire avoir et suivi d'un infinitif, le participe passé s'accorde si le COD, étant placé avant le participe, fait l'action exprimée par l'infinitif.
Le participe passé de se voir ou s'entendre, suivi d'un infinitif, s'accorde en genre et en nombre avec le sujet si celui-ci accomplit l'action exprimée par l'infinitif. Si le sujet ne fait pas l'action marquée par l'infinitif, le participe passé demeure invariable.
Donc tout dépend du contexte :
Elle s'est vu refuser ce poste en raison de son inexpérience : refusé à elle, par le recruteur.
Elle s'est vue refuser ce poste en raison de son inexpérience : refusé au candidat, par elle.
nad0u
est-ce que cette forme peut aussi être utilisée lorsque que le sujet est un objet?
ex : les vases se sont vu(s?) décorés
Laoshi
Je ne le sens pas, personnellement.
Les vases qui se voient ? Hum...
Avec un sujet inanimé, le Trésor de la Langue française ne mentionne avec le sens passif, que des exemples avec participe passé.
Clair de Lune
Bonjour,
Je souhaiterais avoir un éclairage à propos de cette phrase que j'ai aperçue sur les réseaux sociaux et qui a été écrite par Le Figaro.
[lien invalide]/805110Sanstitre.jpg[/img]
Pour ma part, je ne l'aurais pas écrite de cette manière, car pour moi le participe passé ne s’accorde avec le pronom personnel réfléchi que dans la mesure où celui-ci est le sujet ou l'agent de l’infinitif. "Elle s'est vu en effet remettre un courrier"
Qu'en pensez-vous ?
Cordialement.
paulang
Bonjour,
Je ne me prononce pas sur l'accord auquel je n'entends rien.
En revanche, j'aimerai être sûr qu'il faut bien écrire lui sommant et non la sommant. Merci.
Paul.
Jehan
Elle s'est vu remettre... = Elle a vu remettre à elle.
Le s' étant ici COS et non COD, ici, on n'accorde effectivement pas le participe.
On somme quelqu'un de faire quelque chose ( et non à quelqu'un)...
COD donc : la sommant de rembourser.
Deux erreurs donc !